Ordre au marché ou ordre à cours limité
L’ordre au marché prend le prix du carnet; l’ordre à cours limité fixe votre prix mais peut s’exécuter partiellement.

Dans cet article
Le premier écran de courtage pose une question inattendue : le type d'ordre. Les deux principales réponses offrent des garanties opposées. L'ordre au marché prend ce que le carnet offre : l'exécution est quasi certaine, mais le prix n'est pas garanti, puisque le carnet peut bouger entre le clic et l'exécution. Sur un titre liquide avec un écart d'un cent, le risque se compte en fractions de cent, et la simplicité l'emporte. L'ordre à cours limité inverse la promesse : le prix ne dépassera jamais la limite, mais l'exécution devient conditionnelle, parfois partielle, si le titre s'éloigne. C'est l'outil des écarts visibles et des journées volatiles. L'heure compte aussi : les écarts s'élargissent à l'ouverture et à la clôture, et le milieu de séance coûte moins cher. Les fonds d'actifs étrangers se négocient mieux quand leur marché sous-jacent est ouvert. Cet article explique les deux mécanismes avec des exemples, donne des règles simples selon la liquidité du titre et indique les moments à éviter.
Regarder le carnet avant de choisir le type d'ordre
Le choix entre un ordre au marché et un ordre à cours limité se décide en regardant deux chiffres : le meilleur prix acheteur et le meilleur prix vendeur au moment de l'ordre. Leur écart est le coût implicite d'une exécution immédiate. Sur un titre très négocié, cet écart est de quelques cents, et l'ordre au marché s'exécute à un prix pratiquement identique à celui qui est affiché. Sur un titre peu négocié, l'écart peut atteindre plusieurs pour cent, et le même ordre au marché s'exécute bien plus loin. C'est le carnet, et non le type d'ordre, qui détermine lequel des deux convient.
Vérifier la profondeur, pas seulement le prix
Le prix affiché ne vaut que pour la quantité disponible à ce prix. Un ordre au marché de mille actions sur un titre dont seulement deux cents sont offertes au meilleur prix s'exécute par tranches successives, à des prix de plus en plus élevés. On ne le découvre qu'après coup. Ce mécanisme explique la plupart des exécutions décevantes sur les petits titres et les fonds négociés peu liquides. Regardez la profondeur du carnet avant d'envoyer un ordre important. Quand elle est mince, fractionnez l'ordre plutôt que de l'envoyer d'un bloc.
Accepter ce que la limite ne garantit pas
L'ordre à cours limité garantit le prix, jamais l'exécution. Une limite fixée un peu sous le marché peut ne jamais être atteinte, et le titre peut monter sans vous : cette protection a pour coût le risque de rester à l'écart. Une exécution partielle est aussi possible. Elle laisse un ordre à moitié rempli et, selon le courtier, des frais de courtage sur chaque portion. Le choix se résume à une question simple : qu'est-ce qui vous coûte le plus cher, payer quelques cents de plus ou ne pas obtenir le titre? La réponse dépend de l'opération, pas d'une préférence générale.
Redoubler de prudence quand la liquidité manque
Trois situations élargissent les écarts et rendent l'ordre au marché risqué : les premières et dernières minutes de la séance, les titres peu négociés, et les périodes de forte volatilité ou d'annonce. Dans ces conditions, un ordre au marché peut s'exécuter très loin du dernier cours affiché, sans aucun recours. Par prudence, utilisez par défaut l'ordre à cours limité dans ces trois cas, avec une limite fixée légèrement au-delà du prix courant. Vous obtenez ainsi l'exécution tout en plafonnant le dérapage. Soyez aussi prudent avec un ordre placé hors séance, car l'ouverture peut s'écarter sensiblement de la clôture.
Scénario québécois
Premier achat de FNB pour une orthophoniste de Saint-Tite, et premier écran de courtage : type d'ordre, un menu qu'elle n'attendait pas. Sa position est modeste, 5 000 $ dans un FNB canadien très négocié, mais elle veut comprendre les deux options principales avant de cliquer. L'ordre au marché prend ce que le carnet offre à l'instant : l'exécution est quasi certaine, mais le prix n'est pas garanti, car le carnet peut bouger entre le clic et l'exécution. L'ordre à cours limité inverse la promesse : le prix ne dépassera jamais sa limite, mais l'exécution devient conditionnelle, parfois partielle, si le titre s'éloigne. Pour son FNB liquide, l'écart entre la meilleure offre d'achat et la meilleure offre de vente est d'un cent, donc l'ordre au marché ne risque presque rien. Elle le constate en direct : achat exécuté au prix affiché, 100 parts, terminé. Sa conseillère lui montre l'exception le mois suivant, sur un FNB sectoriel peu négocié. L'écart y atteint trente cents, et une matinée volatile peut l'élargir encore. L'ordre à cours limité, placé au milieu de l'écart, s'exécute en deux temps sur vingt minutes et économise environ 18 $ sur la même taille de position. Sa règle de débutante tient depuis : ordre au marché pour les titres liquides par journée calme, ordre à cours limité dès que l'écart se voit à l'œil nu, et jamais d'ordre lancé dans les minutes qui suivent l'ouverture.
À vérifier
- Vérifier l'écart acheteur-vendeur avant l'ordre
- Utiliser le marché sur titre liquide en séance calme
- Utiliser la limite dès que l'écart se voit
- Placer la limite au milieu de l'écart
- Accepter l'exécution partielle possible
- Éviter l'ouverture et la clôture
- Négocier les fonds étrangers aux heures de leur marché
- Vérifier l'exécution reçue
- Noter les règles dans son carnet de courtage
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