CPG encaissable ou non rachetable : choisir la liquidité
Mesurez le taux supplémentaire offert en échange du blocage avant de renoncer au rachat avant l’échéance.

Dans cet article
Choisir entre un CPG encaissable et un CPG non rachetable revient à mettre un prix sur une seule chose : votre engagement à ne pas toucher aux fonds. L'écart de taux, multiplié par le montant et la durée, chiffre ce que le blocage rapporte. Les conditions de rachat de la version encaissable, souvent aucun intérêt pendant les quatre-vingt-dix premiers jours puis un barème propre au contrat, chiffrent ce que la souplesse coûte réellement. La vraie variable n'est ni le taux ni la clause, c'est le calendrier du projet. Une date ferme permet le non rachetable au meilleur taux. Une date flottante appelle la version encaissable, ou mieux, une répartition entre les deux : la portion certaine bloquée, et la portion exposée aux imprévus gardée liquide. Cet article montre le calcul de l'écart, la lecture des grilles de rachat et la méthode de répartition qui transforme une devinette de calendrier en simple dosage, ajustable à chaque échéance.
Lire les conditions de rachat en premier
La version encaissable d'un CPG vend de la souplesse, et cette souplesse a des contours contractuels précis qu'il faut lire avant d'acheter. Une grille typique permet le rachat en tout temps, mais ne verse aucun intérêt si le rachat survient dans les quatre-vingt-dix premiers jours. Ensuite, le taux de rachat est parfois inférieur au taux couru, selon le contrat. Certaines versions imposent des montants minimaux de rachat ou des fenêtres précises. La souplesse réelle est donc conditionnelle : un rachat précoce peut rendre le placement moins rentable qu'un compte d'épargne ordinaire. Lire la grille fait du mot encaissable, un argument de vente, un fonctionnement connu. Vous évitez ainsi la mauvaise surprise d'un rachat qui rapporte moins que prévu au moment précis où l'argent manquait.
Chiffrer ce que le blocage rapporte
L'écart de taux entre le non rachetable et l'encaissable est le prix que le marché paie pour votre engagement. Convertissez-le en dollars avant de décider : l'écart multiplié par le montant et la durée. Un point d'écart sur vingt mille dollars pendant deux ans vaut quatre cents dollars, une somme à comparer à la probabilité réelle d'avoir besoin des fonds avant l'échéance. Évaluez cette probabilité honnêtement. Un fonds d'urgence déjà en place ailleurs réduit presque à rien le besoin de liquidité du CPG et rend le blocage presque gratuit. L'absence de coussin rend la souplesse précieuse. Ce calcul relie le choix du CPG à la santé du reste de vos finances, ce que la simple comparaison des taux ne fait jamais.
Évaluer la fermeté de la date du projet
La variable décisive n'est ni le taux ni la clause, c'est le calendrier du projet que l'argent finance. Avec une date ferme (mariage réservé, solde de taxes, échéance connue), un CPG non rachetable aligné sur cette date, au meilleur taux, convient : l'attente se terminera à temps. Avec une date flottante (rénovations qui dépendent d'un entrepreneur, achat qui dépend du marché), soyez prudent. Le projet peut réclamer les fonds avant l'échéance, et un CPG non rachetable ne se vend pas, il s'attend. Évaluez la fermeté de la date sans complaisance, car les calendriers optimistes sont la norme : un projet qui n'a jamais démarré à l'heure dans le passé ne le fera pas aujourd'hui. La bonne durée de CPG est celle du scénario réaliste, pas du scénario espéré.
Répartir plutôt que trancher
Quand la date hésite, la répartition vaut mieux que le pari. Placez la portion certaine du besoin en non rachetable, au meilleur taux, et la portion exposée aux imprévus en version encaissable ou en compte d'épargne. Un projet de rénovations de vingt mille dollars à date souple se structure ainsi : douze mille bloqués pour le gros œuvre, dont vous contrôlez le déclenchement, et huit mille liquides pour les surprises de chantier. Ajustez le dosage à chaque échéance, selon les taux du jour et l'état du projet, et documentez-le : des taux notés au dossier permettent de juger le prochain renouvellement selon les mêmes critères. La répartition transforme une devinette de calendrier en réglage réversible. Le rendement sacrifié sur la portion liquide devient un choix assumé plutôt qu'un accident.
Scénario québécois
Une chargée de cours de Baie-Comeau veut placer 20 000 $ destinés à des rénovations prévues dans environ deux ans, sans date ferme. Le CPG non rachetable de deux ans offre 4,6 % et la version encaissable, 3,4 %. L'écart de 1,2 point vaut 240 $ par année : c'est le prix que le marché paie pour son engagement à ne pas toucher aux fonds. Elle lit les conditions de rachat de la version encaissable : remboursable en tout temps, mais aucun intérêt si le rachat survient dans les 90 premiers jours. Sa vraie question n'est pas le taux, mais le calendrier : si l'entrepreneur se libère plus tôt, aura-t-elle besoin des fonds avant l'échéance? Elle partage la somme : 12 000 $ en CPG non rachetable pour le gros des travaux, dont elle contrôle la date, et 8 000 $ en version encaissable pour les imprévus de chantier. Elle note sa décision avec les taux du jour, pour que la prochaine échéance se décide selon les mêmes critères plutôt qu'à l'instinct. Le rendement qu'elle laisse de côté sur la moitié encaissable devient ainsi un choix documenté.
À vérifier
- Chiffrer l'écart de taux entre les deux versions
- Multiplier par le montant et la durée
- Lire la grille de rachat de la version encaissable
- Vérifier la période sans intérêt en cas de rachat
- Évaluer honnêtement la fermeté de la date du projet
- Bloquer la portion certaine au meilleur taux
- Garder la portion incertaine encaissable
- Noter les taux du jour dans le dossier
- Refaire l'interrogatoire à chaque échéance
Les questions qu’on nous pose
Une question sur votre situation ?
Un courtier québécois vous répond, sans engagement.
À lire ensuite
// Placements
CELIAPP : planifier les cotisations avant un premier achat
Confirmez votre admissibilité de premier acheteur et vos droits de cotisation avant de planifier les versements au CELIAPP.
// Placements
Construire une échelle de CPG pour répartir les échéances
Répartissez le montant entre plusieurs échéances pour renouveler une tranche à la fois et lisser le risque de taux.
// Placements
CELI ou REER : choisir selon l'objectif et le taux d'imposition
Choisissez entre CELI et REER selon l’objectif, l’horizon de retrait et votre taux d’imposition actuel et futur.