Écart acheteur-vendeur d’un FNB : coût invisible de transaction
Mesurez l’écart entre meilleure offre d’achat et de vente en dollars et en pourcentage avant de négocier un FNB.

Dans cet article
Deux FNB sur le même indice, aux mêmes frais de gestion, peuvent coûter très différemment à l'achat. La différence n'apparaît dans aucun prospectus. L'écart acheteur-vendeur, c'est-à-dire la distance entre le meilleur prix d'achat et le meilleur prix de vente, se paie à chaque transaction. En dollars, sur un montant réel, il peut être négligeable (un cent) ou substantiel (dix ou douze cents, ce qui équivaut à des années de frais de gestion). La liquidité derrière ce chiffre a deux niveaux: celle du fonds et celle de ses actifs sous-jacents. Un fonds de titres peu négociés reprend leurs écarts. L'exécution a ses règles: passer l'ordre en milieu de séance plutôt qu'à l'ouverture ou à la clôture, viser les heures où le marché sous-jacent d'un fonds étranger est ouvert, et utiliser un ordre à cours limité dès que l'écart est visible. Cet article montre le calcul du coût en dollars, la comparaison entre fonds jumeaux et les habitudes d'exécution qui éliminent un coût invisible mais évitable.
Lire les deux prix avant de passer l'ordre
L'écart entre le meilleur prix acheteur et le meilleur prix vendeur d'un fonds négocié en bourse est un coût de transaction. Vous le payez à l'achat comme à la vente, et il n'apparaît sur aucun relevé. Lisez-le avant de passer l'ordre, directement dans le carnet d'ordres: deux prix affichés, et leur différence en cents. Ce chiffre varie durant la journée et d'un titre à l'autre, donc aucune règle générale ne suffit. Le vérifier prend cinq secondes et vous dit s'il faut passer l'ordre maintenant, plus tard ou avec une limite.
Exprimer l'écart en pourcentage du prix
Un écart de cinq cents ne dit rien tant qu'on ne le compare pas au prix. Cinq cents sur un titre à 50 $ représentent un dixième de pour cent. Cinq cents sur un titre à 5 $ en représentent un pour cent complet. Pour l'aller-retour, ce second cas coûte deux pour cent, soit plus que les frais de gestion annuels de bien des fonds indiciels. Cette conversion en pourcentage permet de comparer deux fonds semblables. À frais de gestion égaux, celui dont l'écart est le plus mince coûte moins cher à détenir.
Distinguer la liquidité du fonds de celle de ses actifs
Un fonds négocié en bourse peu échangé n'est pas forcément illiquide. Sa liquidité réelle vient de celle des titres qu'il détient, car les teneurs de marché peuvent créer des parts à la demande. Un fonds de grandes sociétés canadiennes garde donc un écart mince, même s'il se négocie peu. À l'inverse, un fonds d'obligations peu liquides ou d'actions de marchés émergents affiche un écart large malgré un volume respectable. Le bon indicateur est la nature des actifs sous-jacents, pas le volume quotidien du fonds, contrairement à ce qu'on croit souvent.
Passer l'ordre quand le marché sous-jacent est ouvert
L'écart s'élargit quand les teneurs de marché ne peuvent pas évaluer précisément les actifs détenus: à l'ouverture et à la clôture de la séance, et surtout quand le marché sous-jacent est fermé. Un fonds d'actions européennes négocié à Toronto en après-midi, alors que les bourses européennes sont fermées, affiche un écart bien plus large que le matin. La pratique est simple. Négociez ces fonds en milieu de séance, quand les marchés sous-jacents sont ouverts, et utilisez un ordre à cours limité plutôt qu'un ordre au marché. Évitez l'ouverture et la clôture.
Scénario québécois
Deux FNB suivent le même indice canadien, avec des frais de gestion identiques. Un comptable de Sherbrooke s'apprête à en choisir un au hasard, puis remarque une colonne sur le site de la bourse: l'écart acheteur-vendeur. Le premier fonds affiche 24,50 $ à l'achat et 24,51 $ à la vente. Le second, moins négocié, affiche 24,42 $ et 24,54 $. En dollars, c'est plus clair que les pourcentages. Sur ses 15 000 $, traverser l'écart coûte environ 3 $ dans le premier cas et 37 $ dans le second, à l'achat, puis autant à la revente. C'est un vrai coût de transaction qu'aucun ratio de frais ne mentionne. Au comptoir de courtage, on lui explique que la liquidité a deux niveaux: celle du FNB lui-même, entretenue par les teneurs de marché, et celle de ses actifs sous-jacents. Un fonds d'actions rarement négociées reprend l'écart de ses titres. L'heure compte aussi. Les écarts s'élargissent à l'ouverture, à la clôture et pendant les annonces. Pour un fonds d'actifs étrangers, l'écart se resserre quand le marché sous-jacent est ouvert. Il note trois règles dans son carnet: choisir le fonds à l'écart mince quand l'indice est le même, passer les ordres en milieu de séance, et utiliser un ordre à cours limité plutôt qu'au marché dès que l'écart est visible. La leçon ne lui coûte rien, puisqu'il a évité le hasard à temps.
À vérifier
- Relever l'écart acheteur-vendeur des fonds comparés
- Convertir l'écart en dollars sur son montant
- Compter l'aller-retour, achat et revente
- Choisir le fonds à l'écart mince à indice égal
- Vérifier la liquidité des actifs sous-jacents
- Passer les ordres en milieu de séance
- Attendre l'ouverture du marché sous-jacent des fonds étrangers
- Utiliser la limite sur tout écart visible
- Additionner écart et frais dans les comparaisons
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